Famille ENJOLRAS-ARMANDY
Une famille de pharmaciens de la Drôme dépose un brevet sur la glycérine et installe une usine de production à Vénissieux. Elle joue un rôle important dans la Grande Guerre.
Des remèdes aux explosifs : l'épopée de la glycérine
Cette imposante sépulture de famille raconte comment une lignée de pharmaciens lyonnais a fini par jouer un rôle déterminant dans l’effort de guerre national, grâce à une innovation technologique majeure.
Une invention révolutionnaire
À l’origine, François Siffrein Armandy est un ouvrier de la soie devenu pharmacien. Passionné de chimie, il s’installe au 303 route de Vienne à Vénissieux pour produire de la glycérine.
Grâce à un système ingénieux qu’il invente et fait breveter dans le monde entier, il parvient à distiller une glycérine d’une pureté exceptionnelle à un coût très réduit. Ce procédé révolutionnaire utilise la mise sous vide pour simplifier la production.
De la pharmacie à la dynamite
Lorsque la guerre de 14-18 éclate, l’usine Armandy-Enjolras devient subitement l’une des entreprises les plus stratégiques de France. Pourquoi ?
La raison est chimique : La glycérine est le composant indispensable à la fabrication de la nitroglycérine et de la dynamite. Face au besoin colossal d’explosifs pour le front, l’État français décide de racheter l’usine pour sécuriser la production nationale. Vénissieux devient alors l’un des « poumons » pyrotechniques du pays.
Les visages de la stèle
En observant les noms gravés, vous découvrirez une famille unie par le travail et le devoir :
Jean Odilon Enjolras : Le gendre, qui a quitté sa pharmacie de Perrache pour développer l’aventure industrielle à Vénissieux.
Marie Joseph Armandy : Le fils de François, qui a servi comme Pharmacien-Major dans l’armée française, apportant ses compétences médicales au service des soldats.
Le saviez-vous ?
L’usine de la route de Vienne a fusionné en 1912 pour fonder la Société Française des Glycérines. C’est un parfait exemple de ces entreprises familiales de la région lyonnaise qui, parties de l’artisanat, ont fini par devenir des piliers de l’industrie lourde française.
Note : De la fleur de rose à la poudre à canon, du ciel des aviateurs aux laboratoires des pharmaciens, le cimetière de Vénissieux est le miroir d’une ville qui a toujours su innover.
Sépulture
Jean Odilon ENJOLRAS – 1848-1907
François Siffrein ARMANDY – 1828-1886
Hyacinthe ARMANDY née PAJOT – 1829-1909
Adrienne ENJOLRAS née ARMANDY – 1851-1945
Anne PAJOT née ROUX – 1794?-1884
François ARMANDY – 1834?1895?
Symboles funéraires présents sur la tombe
Photothèque
Localiser la tombe
Continuez en direction du mur Ouest, tournez à gauche. Après l’entrée de l’ossuaire, se trouve la tombe de la famille SERTIER.




