Famille JOCTEUR SAMBET
Agriculteurs, grainetiers, meuniers, boulangers, dans la famille Jocteur, le pain est au centre du travail des hommes. Agé de 20 ans, Claudius Gabriel part à la guerre et meurt pour la France en 1917…
De la farine aux larmes : un destin brisé à l'assaut des fermes
Devant cette sépulture, nous honorons un nom que tous les gourmands de la région lyonnaise connaissent : Jocteur. Mais derrière l’excellence artisanale se cache le sacrifice d’un jeune homme de 20 ans.
Une dynastie du goût
Chez les Jocteur, originaires de l’Isère, on naît avec de la farine sur les mains. Agriculteurs, meuniers, boulangers ou pâtissiers… la famille a marqué la région :
Claudius Gabriel naît d’ailleurs chez son grand-père, le boulanger de Vénissieux.
Aujourd’hui, cette lignée se poursuit avec le célèbre « Boulanger de l’Île Barbe » (fournisseur de Paul Bocuse) ou les producteurs de pain bio à Corbas.
L’enfer du 18 avril 1917
Cuisinier-pâtissier de métier, Claudius Gabriel est mobilisé à Marseille avant même d’avoir fêté ses 20 ans. Intégré au 162ème Régiment d’Infanterie, il est envoyé dans l’Aisne pour la terrible offensive du Chemin des Dames.
Le 18 avril 1917, son régiment reçoit l’ordre de prendre la ferme Mauchamp, près de Juvincourt :
L’assaut : Les soldats progressent sous une pluie d’obus et de balles.
Le danger venu du ciel : Des avions ennemis les survolent à très basse altitude pour les mitrailler au sol.
Le bilan : La ferme est prise à 10 heures du matin, mais au prix d’un massacre. Le régiment laisse derrière lui 29 officiers et plus de 1 100 hommes.
Le souvenir d’un « p’tit gars » de 20 ans
Claudius Gabriel est mortellement blessé à 15 heures, ce même jour. S’il figure sur le Livre d’Or de Marseille (où ses parents s’étaient installés), son nom n’est pas gravé sur les monuments de la cité phocéenne. C’est ici, à Vénissieux, sur sa terre natale, que sa mémoire demeure.
Note : En pensant à Claudius Gabriel, on réalise que la guerre n’a pas seulement brisé des hommes, elle a aussi fauché des talents et des savoir-faire qui faisaient la fierté de nos terroirs.
Sépulture
ICI REPOSENT
Eugène JOCTEUR, décédé le 23 mai 1899, âgé de 60 ans, regret éternel.
A la mémoire de notre fils et petit-fils, Claudius JOCTEUR, Mort pour la France, le 18 avril 1917 à Berry-au-Bac, à l’âge de 20 ans, Regrets éternels
Jean-Marie JOCTEUR, 1866-1931, regretté de son épouse et de sa famille
Pierre SAMBET, décédé le 16 septembre 1851, âgé de 30 ans.
Mathilde JOCTEUR, décédée le 31 juillet 1871, âgée de 3 ans
Jean-Louis JOCTEUR, décédé le 18 décembre 1911, âgé de 14 ans, regretté de ses parents.
Pierrette BERTHOLET, épouse de Pierre SAMBET, décédée le 8 novembre 1861.
Clothilde SAMBET, Veuve JOCTEUR, décédée le 24 novembre 1959, âgée de 83 ans
DE PROFUNDIS
Symbole funéraire présent sur la tombe
Généalogie de la famille
Photothèque
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On continue avec une histoire d’entreprise:
Derrière vous, découvrez l’histoire d’une entreprise qui a participé à l’effort de guerre: Les Glycérines Enjolras et Armandy.


